SoufiStudio
Rûmî

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« ivre, sans cotte de mailles. 3420 Avançant la poitrine découverte et le corps nu, il se jetait dans les rangs des porteurs d’épées. Les gens l’interrogeaient: « Ô oncle du Prophète, ô Lion qui brises les rangs des ennemis, ô prince des champions, « N’as-tu pas lu dans le Message de Dieu: Ne vous exposez pas, de vos propres mains, à la perdition100? « Alors, pourquoi donc te jettes-tu dans la destruction sur le champ de bataille? « Quand tu étais jeune, et robuste et bien charpenté, tu n’allais pas au combat sans cotte de mailles. « A présent que tu es devenu vieux, infirme et courbé, tu frappes à la porte de l’imprudence, « Et sans épée ni lance, comme celui qui n’a peur de rien, tu te bats et tu te mets toi-même à l’épreuve. « Le sabre n’a pas de respect pour les vieillards: comment le sabre et la flèche auraient-ils du discernement?» De cette manière, les amis ignorants lui apportaient des conseils pleins de zèle. La réponse de Hamza aux gens amza dit: « Quand j’étais jeune, je considérais l’adieu à ce monde comme la mort. 3430 « Comment quiconque peut-il aller à la mort avec désir? Comment viendrait-il désarmé à la rencontre du dragon? « Mais à présent, grâce à la Lumière de Mohammad, je ne suis plus le sujet de cette cité périssable. « Au-delà des sens, je contemple le camp du Roi divin rempli de l’armée de la Lumière de Dieu, « Tente sur tente, et cordage sur cordage. Grâces soient rendues à Celui qui m’a éveillé de la torpeur!» Celui aux yeux de qui la mort est la destruction — il s’attache à l’ordre divin: Ne vous exposez pas, de vos propres mains, à la perdition, Et celui pour qui la mort est l’ouverture de la porte — pour lui, dans le Discours divin (le Qor’ân), est l’ordre: « Hâtez-vous (vers le pardon de votre Seigneur)101.» Prenez garde, ô vous qui contemplez la mort! Surpassez-vous les uns les autres (dans l’absence de crainte de la mort)! Hâtez-vous, ô vous qui contemplez la Résurrection! Bienvenue à vous qui considérez la grâce divine! Réjouissez-vous! Malheur à vous, ô vous qui considérez le courroux divin! Soyez affligés! Celui qui considère la mort comme aussi belle que Joseph donne son âme en rançon pour elle; quiconque la considère comme le loup se détourne de la voie droite. La mort de chacun est de la même qualité que lui-même, mon fils; pour l’ennemi de Dieu, elle est un ennemi, et pour Son ami, un ami. 3440 Aux yeux du Turc, le miroir a une couleur claire: de même, aux yeux de l’homme noir, le miroir est sombre comme un Noir. Ta peur de la mort en la fuyant est en réalité la peur de toi-même. Prends garde, ô mon âme! C’est »

Mawlânâ Jalâl ad-Dîn Rûmî

Le Mathnawî